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| Räikkönen : finir en beauté ? |
2015 est la dernière année du contrat de deux ans que Kimi Räikkönen a signé avec Ferrari. Après une campagne 2014 indigne de son talent face àFernando Alonso (3-16 en qualification, 1-15 en course – quand les deux pilotes ont terminé – et 106 points de moins que l’Espagnol au championnat),
Certes, le Finlandais a déclaré en début d’année que ce ne serait pas “la fin du monde” si son contrat n’était pas reconduit par la Scuderia au terme de la saison. Une option existe pour qu’il poursuive en 2016, mais Maranello a déjà tâté le terrain auprès de Bottas, dont le nom circule dans le paddock pour remplacer son compatriote chez Ferrari, au cas où “Iceman” voudrait goûter à d’autres disciplines ou si sa méforme se prolongeait.
BEAUCOUP D'ATTENTES ENVERS LA SF15 T
Comme Vettel chez Red Bull, Räikkönen n’a pas su s’accommoder aux monoplaces hybrides (moins d’appui, pneus durs, freinage électronique, couple élevé, etc.). Il a surtout souffert d’une F14T particulièrement inadaptée à son style de pilotage. La SF15 T, première monoplace totalement conçue par James Allison, possède un train avant plus directionnel, mieux adapté au pilotage de Kimi, très coulé, avec des lignes arrondies pour conserver de la vitesse en virage :
“La voiture possède un meilleur train avant en virage, et un train arrière plus stable au freinage,explique le directeur technique des Rouges. Mais c’est surtout la nouvelle construction des pneus arrière de Pirelli qui constitue le changement plus significatif [il devrait augmenter la surface de contact du pneu et limiter l’usure thermique de la gomme causée par les manœuvres visant à contrecarrer le sous-virage, nldr]. Ces pneus permettent un meilleur maintien de la voiture en piste sous forte charge et donnent plus de confiance au pilote en virage.”
Pour le moment, Räikkönen n’a pas réellement pu mesurer l’impact des nouveaux Pirelli, en raison de températures encore trop fraîches en Espagne :
“Le comportement de la voiture n’est pas mal, a-t-il déclaré jeudi. Il y a des choses que l’on voudrait améliorer – on veut toujours plus d’adhérence, ce qui est compliqué ici vu les conditions [climatiques]. Le fait que les pneus ne fonctionnent pas correctement – un tour oui, le suivant non – change tout. En tout cas, nous avons fait un pas en avant par rapport à l’année passée. Mais de combien exactement ? – c’est difficile à dire au vu des seuls tests. Il faudra attendre encore deux semaines et l’Australie pour avoir une idée plus précise de nos progrès. Un bon chrono serait évidemment agréable, mais il faut attendre – ce n’est pas grave, du moment que vos sensations sont bonnes quelle que soit la quantité d’essence embarquée.”
Si l’on admet l’idée qu’une voiture peut être conçue en tenant compte de l’avis des pilotes, alors James Allison a pu penser davantage à Räikkönen qu’à Vettel, annoncé tardivement à Maranello. Kimi pourra du coup difficilement justifier d’éventuels piètres résultats avec la même excuse. Soit la SF15 T lui convient, et il en tirera du plaisir, ce qui signifie dans son cas des résultats. Soit elle contrarie son style, et il se découragera, laissant l’équipe concentrer son attention sur son voisin de garage.
ATYPIQUE
Mais l’on n’aimerait pas que l’histoire se termine comme cela, car le personnage est attachant. Certes peu loquace en interview (ce qui ne facilite pas la tâche des journalistes*), il a su rester lui-même envers et contre tout, et résister à la tendance du paddock à formater les caractères afin de présenter un profil lisse et sans aspérité. Dans la galaxie très ordonnée de la Formule 1, Kimi Räikkönen est un satellite qui ne tourne autour d’aucun astre.
Là où ses petits camarades semblent plus encadrés, lui n’en fait qu’à sa tête, guidé par ses envies, ses passions ou tocades du moment. S’il lui prenait demain l’envie de retourner en rallye, personne ne pourrait l’en dissuader. Pas même ses managers, Steve et David Roberston, pourtant attachés à maintenir leur client dans le juteux championnat de F1… Sans doute Kimi incarne-t-il une liberté que beaucoup rêvent de vivre.
N’empêche. Après avoir manqué de tout (motivation et résultats), Kimi nous doit une revanche, après que le match avec Alonso n’a pas eu lieu. Il devra la relever tête et gêner son ami Vettel.
Ce qui est tout à fait possible avec ce drôle d’animal bourré de talent, capable du meilleur comme du pire.
