mercredi 11 mars 2015

Paris : le Grand Jour

Diego Costa au duel avec Marquinhos lors de PSG-Chelsea

Depuis le début de la saison, depuis le tirage au sort, depuis les phases de groupe, puis après le match aller, la phrase résonne dans toutes les têtes .Le voilà, le rendez-vous le plus important de la saison du PSG. Un tournant ? Oui.

Oui, parce que en 90 minutes ou plus, c'est tout un club qui basculera ou non du bon côté, du côté de la cour des très grands ou non. En effet, la démesure sera de rigueur en cas d'exploit, car tous les chiffres notés ici ou là, s’ils sont nécessaires à la mémoire, ont dans ces circonstances une valeur toute relative. Quand l'exploit est palpable, que le calcul n'existe plus, en tous les cas pas sur la calculette de l'an passé, où Paris venait à Londres avec une victoire dans ses bagages, c'est juste pour info qu'on peut éventuellement livrer en pâture une litanie de statistiques qui sont toutes décourageantes.
Les à peine 35% de chance de se qualifier après un nul à domicile.
Les défaites inexistantes de Chelsea face aux clubs français à Stamford Bridge.
L'invincibilité des hommes de Mourinho cette saison en Ligue des Champions.
L'absence de buts marqués par le club de notre capitale sur le sol anglais en 5 matchs.
Les 16 matchs de l'entraîneur Portugais face aux clubs tricolores avec cette stat incroyable et rageante : 1 seule défaite, celle de l'an passé au Parc d'ailleurs, 4 nuls et 11 victoires.
C'est bon, vous l'aurez compris, la liste chiffrée du voyage de Laurent Blanc à Cheslea s'apparente à un cauchemar, voyage qui coïncide pour l'anecdote avec l'anniversaire de Didier Drogba qui malgré ses 37 ans reste une menace dès qu'il voit un ballon qu'il pourrait éventuellement transformer en gâteau d'anniversaire.
Curieusement, plus les heures ont avancé, plus la moyenne des supporters ou des autres qui voient le PSG passer une soirée ronflante augmente.
Les raisons d'y croire se fondent évidemment d'abord sur un espoir subjectif, mais aussi sur des certitudes qui étaient peu évidentes il y a quelques semaines.
Individuellement, les ténors techniques de l'équipe ont retrouvé leur voix et ont tracé la voie du succès, des succès moins pénibles que dans un récent passé. Paris s'est transformé en un élève qui traînait la patte pour aller en classe, en un potentiel champion qui peut avoir les félicitations.
Surtout, le masque de certains est tombé et la routine, ce qui est la moindre des choses, s'est muée en plaisir.
Thiago Silva n'a plus de problème. David Luiz a un abattage et une dimension physique gigantesques, Motta retrouve son football et aura une importance incroyable dans ce type de match où les équipiers doivent être, avec leur qualité spécifique, d'une cohésion et d'une connivence de tous les instants pour arriver à leur fin. Une grande équipe a besoin de son plus grand régulateur. On pourrait parler bien sûr de Marquinhos, de Matuidi, de Verratti, mais on a envie de parler de Pastore qui après des mois d'errance sur le terrain, égayant les soirées par quelques gestes dont il est capable, est devenu en l'espace de 3 mois minimum, un chef d'orchestre qui en un éclair peut donner à une partition pourrie retrouvée au grenier une saveur divine qui nous ferait gober des mouches.
Le PSG a dans ses rangs un Cavani très remarqué par ses ratés dit facile, mais Cavani a inscrit 6 buts en 7 matchs de Ligue des Champions, ce qui fait de ce ratio une moyenne plus que convenable pour un homme et un joueur trop souvent pointé du doigt pour ses occasions galvaudées que par celles transformées sans compter son immense sens du sacrifice au service de toute l'équipe.
Le voilà qui a déjà mis la pression sur l'arbitre de ce soir, pleurant sur l'accumulation de fautes faites sur Hazard à l'aller et stigmatisant la brutalité des parisiens à l'encontre du jeune Belge.
Paris va aller chercher un troisième quart de finale consécutif en terre hostile, avec la différence, on l'a dit, par rapport à la saison passée, qu'il faudra se livrer sans partir à l'abordage, car Chelsea, outre son organisation, a un atout de contre non négligeable. Le savant dosage des efforts à faire. Jouer avec un coaching gagnant, on l'espère, et le chronomètre selon le scénario, forcer la chance, la réussite, compter avec une pression énorme donnée par l'enjeu, l'adversaire et son banc. Voici tous les paramètres à contourner pour créer l'exploit.
La saveur de ce rendez-vous sera rehaussée par la présence contrairement à la saison dernière de Zlatan Ibrahimovic. Si c'est un jour où le Suédois est attendu c'est bien en ce 11 mars, histoire de faire taire ceux qui soulignent pour l'instant chiffres en main son inefficacité chronique dans les plus grands rendez-vous.