La finale de l'Open 13 de Marseille aura été longue et indécise avant d'accoucher d'un scénario presque logique en regard de ces derniers mois :Gilles Simon a battu Gaël Monfils,
pour la cinquième fois en six rencontres. Oui, depuis la mi-septembre, le désormais double-vainqueur du tournoi de Marseille après son titre en 2007, est le meilleur joueur français du moment. Ce n'est pas encore le cas au classement mondial où Jo-Wilfried Tsonga le précède encore, mais cela se concrétisera enéquipe de France, lors du déplacement en Allemagne, début mars.
Pour cette rencontre du premier tour 2015 de laCoupe Davis, Simon va donc se retrouver numéro un de l'équipe, en l'absence de Tsonga. Une nouvelle responsabilité pour Gilou, qui ne pourra pas compter sur le soutien de sa victime du jour et meilleur ami, Gaël Monfils, ce dernier ayant déclinéla sélection. On peut imaginer que Simon et Gasquet vont se retrouver à disputer les simples, àmoins que le dos de Ritchie ne continue de lui causer quelques tourments...
On le sait, Simon et la Coupe Davis, l'histoire n'est pas un long fleuve tranquille. A la fois parce qu'il ne s'est jamais senti mis en confiance -car appelé sur le court par défaut- mais aussi parce que lui, pourtant réputé pour sa combativité, n'a jamais réussi à trouver le relâchement nécessaire pour yêtre pleinement performant. Dans un contexte oùceux qui lui ont si souvent fait de l'ombre dans cetteéquipe seront absents, Simon va peut-être trouver un terrain plus favorable à son épanouissement sous le maillot bleu. On l'espère pour lui et pour l'équipe de France. Simon, rappelons-le, ne compte qu'une victoire dans un simple à enjeu en Coupe Davis, contre le pre-retraité Stefan Koubek, en 2011. C'est évidemment indigne de son statut.
Je le disais, le scénario de cette 22e finale ATP 100% française de l'ère Open, la cinquième àMarseille, a répondu à une certaine logique. Car en sport, et plus encore en tennis, le talent ne fait pas tout. Et une nouvelle fois, Monfils l'aura appris à ses dépends et ainsi concédé sa 17e défaite dans une finale (pour cinq titres "simplement"). Son manque de rigueur tactique, ses chips de revers sans efficacité ont mis en évidence ses lacunes du moment face à un adversaire pourtant touchéphysiquement. Simon, à l'inverse, a tenu sa ligne de conduite, malgré ses moyens limités du jour. Et dans le tie break décisif, cette attitude -doublée d'un zeste d'audace en plus- lui a permis de coiffer son pote au poteau. C'est aussi ce qui fait la différence entre un joueur en progression et un deuxième qui n'a de cesse de travailler du chapeau, pour de bonnes ou de mauvaises raisons d'ailleurs.
On verra ça au soir de la rencontre en Allemagne mais il n'est peut-être pas plus mal que Monfils s'octroie durant cette période une parenthèse pour souffler et s'entrainer. Evidemment, si les Bleus devaient s'incliner contre Philipp Kohlschreiber et les siens, on regardera ça autrement...
